Pour bien comprendre l'Église chrétienne contemporaine, il nous faut d'abord regarder dans l'Ancien Testament et, plus particulièrement dans le Premier livre des Rois pour comprendre de quelle manière le Seigneur a donné Ses prescriptions au roi Salomon pour la construction du Temple. On comprend qu'il y a quatre (4) grandes parties, à savoir : le parvis des Gentils, le parvis des Juifs, le parvis des Prêtres (Lieu Saint où seuls les Lévites étaient admis) et le Saint des Saints (le Sanctuaire) où se trouvait l'arche de l'Alliance. Le Lieu Saint et le Sanctuaire étaient séparés par une lourde tenture de couleur pourpre

À voir le dessin ci-contre qui présente le Temple de Salomon (détruit par Nabuchodonosor par la suite) on comprend la grandeur et la majesté de ce Temple!

Sur le parvis des Juifs se trouvent deux éléments particuliers : la mer d'airain. Il s'agit d'un immense bassin pouvant contenir 150 litres d'eau qu'on utilisait pour les rites de purification AVANT de pénétrer dans le Parvis des Prêtres. Il s'agit d'un immense vaisseau coulé en or, supporté par douze bœufs massifs. Plus à droite se trouve l'autel des sacrifices là où les juifs venaient présenter les offrandes prescrites dans la Loi de Moïse pour le pardon et la rédemption des péchés. Pourquoi offrir des animaux en sacrifice? Il faut comprendre qu'à cette époque la richesse des juifs était constitué par la taille de leur bétail. Aussi, on peut comprendre aisément la valeur marchande que peut avoir un veau âgé d'un an, parfait en tous points. Le fait d'offrir un tel animal en sacrifice pour un péché faisait sérieusement réfléchir son propriétaire AVANT de commettre à nouveau une faute.

Lorsque Jésus meurt sur la croix, au moment où il expire, un violent coup de tonnerre se fait entendre et le rideau séparant le Lieu Saint du Sanctuaire se déchire en deux du haut vers le bas. C'est un symbole puissant que le Seigneur donne ici à l'humanité. Par l'entremise du Christ Jésus, l'être humain peut désormais s'approcher de Dieu sans aucun autre intermédiaire. Précédemment, c'est le grand prêtre qui seul pouvait pénétrer dans le Sanctuaire où résidait Dieu sous la forme d'une nuée pour présenter le sacrifice du peuple hébreu. En Jésus Christ, Dieu aboli désormais cet intermédiaire puisqu'Il est Lui-même devenu notre intermédiaire.

Désormais, le Lieu Saint et le Lieu Très Saint étaient réunis et Dieu le Père devenait désormais accessible en Son Fils unique qui a librement donné Sa vie en sacrifice pour notre salut. C'est une très grande nouvelle et, désormais, l'histoire humaine serait irrémédiablement modifiée, tout comme notre relation avec le Seigneur.

Cet événement a donc modifié l'histoire de l'architecture surtout lorsque surgissent les premières églises chrétiennes. On vient y célébrer tout à la fois le Christ Jésus ressuscité, chaque personne étant désormais le Lieu Très Saint dans lequel réside l'Esprit Saint que le Seigneur a envoyé sur Ses fidèles, selon Sa promesse. L'image ci-contre décrit bien la configuration de l'Église contemporaine. Vue des airs, son empreinte au sol donne à penser à la croix sur laquelle Jésus a été crucifié. La « tête » de la croix est constituée du chœur, là où le prêtre consacre les saintes espèces sur le maître-autel (le maître-autel nous rappelle l'autel des sacrifices du Temple de Salomon).

Les « bras » de la croix répondent au joli nom de transepts. Les transepts peuvent accueillir de petites chapelles latérales, des sièges supplémentaires ou des lieux de recueillement. Enfin, le « pied » de la croix est constitué de la nef, c'est à dire, le lieu où les fidèles se rassemblent. On peut dire que la nef et le chœur sont la représentation du Lieu Saint et du Lieu Très Saint du Temple de Salomon. Bien qu'il n'y ait plus de tenture pour séparer ces deux parties, le chœur sera habituellement séparé de la nef soit par une balustrade ou par quelques marches permettant de surélever quelque peu le chœur afin que les fidèles assemblés dans la nef puissent bien voir le déroulement de la célébration dans le chœur. Avant la tenue du Concile Vatican II, les prêtres officiaient de dos à l'assemblée et c'est par la foi que les fidèles adhéraient à la consécration des saintes espèces, alors qu'aujourd'hui, cette étape se déroule face à l'assemblée.

Cette photographie intérieur de l'Église Saint-Joseph de Bordeaux présente bien la nette différence entre la nef et le chœur. Ici, le chœur est tout à la fois surélevé de quelques marches et une balustrade créent bien cette démarcation.

Dans le chœur officient le prêtre mais aussi tous les autres intervenants durant la célébration : le(s) lecteur(s), le chantre, la chorale et les servants de l'autel, entre autres choses. Dans certaines paroisses, les intervenants laïcs porteront une aube dans le cadre de l'exercice de leur service mais, malheureusement, dans plusieurs paroisses, cette pratique fut abolie.

 

Au centre du chœur se trouve le maître-autel. Ici, dans l'Église Sainte-Odile, il est surélevé sur trois podiums concentriques ce qui permet aux fidèles prenant place dans la nef de bien suivre la liturgie de l'Eucharistie.

Derrière le maître-autel se trouve la table du Saint-Sacrement qui accueille le tabernacle. Les cierges que l'on aperçoit de part et d'autre tiennent lieux ici de cierges dominicaux et sont allumés lors des célébrations dominicales.

Le tabernacle est un coffre dont la façade est habituellement ouvragée, comme ici. Ils sont habituellement réalisés dans des métaux ou des bois précieux. Dans les églises plus anciennes, ils sont intégrés dans d'imposants retables, comme c'est notamment le cas à la Basilique Notre-Dame de Montréal et dans plusieurs autres Églises, notamment en Europe.

L'ambon se trouve tout à l'avant du chœur, près de la nef. L'ambon ressemble à un pupitre sur lequel on pose l'Évangéliaire ou le Lectionnaire et c'est à cet endroit que se déroule la liturgie de la Parole au tout début de la célébration.

Nos églises étant maintenant électrifiées et disposant de systèmes de son, l'ambon est muni d'un microphone.

Toutefois, avant l'avènement de l'électricité et des systèmes de son, les églises disposaient de chaires. Ci-contre, c'est la magnifique chaire en bois ouvré de la Basilique Notre-Dame de Montréal qui vous est présenté. La chaire se trouve à l'avant de la nef et surplombe l'assemblée. On y accède par un escalier et la chaire est munie d'un petit toit que l'on surnomme « abat-voix » et qui, comme son nom l'indique, avait la propriété de faire redescendre le son de la voix vers l'assemblée. Ainsi, le lecteur, le diacre et le prêtre accédaient tour à tour à la chaire pour y proclamer la Parole de Dieu.